Centre de Promotion de la Santé de Tokombéré

"LE REGARD SUR LA PERSONNE MALADE"

24èmes Journées Sanitaires

10,11,12 Janvier 2002

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Sommaire et programme

Jeudi 10 janvier 2002

15h30 - 17h 30 : Après midi de réflexion entre les AI et l'équipe d'encadrement du projet santé sur "comment le projet de Promotion Humaine de Tokombéré modifie t-il notre regard sur le malade ? "

Vendredi 11 janvier 2002

8h - 9h : Accueil des participants et installation par secteur géographique (Bénéloum, Tataya et Ndigwa)

9h - 9h 45 :    Mot d'ouverture par le Sous-Préfet de Tokombéré

Introduction des Journées par le Dr Ch. Aurenche

9h 45 -10h : Présentation des questions et méthode de travail (Dr Souleymanou)

10h - 12h : Travaux en groupe par secteur géographique sur la question N° I (équipe AI sous la direction AI principal)

12h : Remise des rapports et liste de présence à Dlamba et Litini

12h - 14h Pause

14h - 16h 30 : Reprise des travaux en groupe sur la question N° II. Même organisation.

- Attente sur place pour distribution des badges

- Remise rapport à Dlamba et Litini

17h : Réunion secrétariat des journées sanitaires pour la synthèse

Samedi 12 janvier 2002

9h - 9h 45 : Lecture de la synthèse des travaux de la veille (Dr Souleymanou)

9h 45 - 10h : Flashes

- Informations importantes (Dr Djorwé)

- Grenier de l'enfant (Anne-Marie)

- HIV/SIDA (Kidal)

10h - 12h : Travaux en groupe sur la question N°III

Remise rapport à Dlamba et Litini

12h - 12h 45 : Conclusion des Journées par le Dr Ch. Aurenche

Clôture des Journées par le Sous-Préfet de Tokombéré

13h : Pot d'amitié au campement le "Kirdi". Chacun doit être muni de son badge.

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Notre regard sur la personne malade.

Réflexion proposée au Personnel du CPS, par le P.Ch.Aurenche (10.01.2002)

J'ai vu, au long des réunions préparatoires, l'intérêt du thème chez certains d'entre vous ; même si d'autres n'expriment rien et semblent complètement étrangers au projet. Ce qui m'intéresse le plus, c'est de voir le carrefour d'idées qui s'élargit devant nous.

1) L'hôpital a 40 ans ; le Projet de Promotion Humaine de Tokombéré a 25 ans. En ce moment même, depuis l'apparition du partenariat villageois, nous vivons un tournant formidable : celui de pouvoir être enfin des vrais soignants. Auparavant, nous avons bricolé.

2) Nous avons donné à l'homme de Tokombéré la capacité d'être responsable, nous lui avons ouvert le vrai chemin pour être homme vivant.

Nous avons cherché avec les communautés où se joue d'abord la responsabilité de l'Homme ; et la santé est apparue la première. Ne plus être assisté, ne plus être à la merci d'une crise évitable, ne plus être ruiné financièrement par ce qui aurait pu être évité... avec eux prévoir ce qu'on peut faire pour ne pas tomber. Tout ne réussit pas, il y a, il y aura encore des catastrophes, mais les parents sont éveillés, les mamans enceintes sont accompagnées, des secteurs entiers des maladies s'effacent ou peuvent l'être. Même si une épidémie de choléra se pointe, nos partenaires et nous-mêmes savons comment faire vite.

3) Cette étape qui s'ouvre devant nous, c'est l'étape de l'affrontement avec la maladie, la vraie, celle qui a besoin d'un bon hôpital. Qu'est-ce qu'être malade ?

A la fois ce qu'on n'a pas su ou pas pu éviter, les malnutritions, les anémies, les maladies de l'hygiène de l'eau et de l'habitat, les MST... cela se pose en terme de développement, les structures sont en place, et en terme de soins pour éviter la casse. Mais aussi les maladies inévitables, au moins actuellement, les diabètes, les maladies du cœur, la tuberculose et les maladies qu'on ne peut pas guérir, ces cancers, le sida, les hépatites... et les maladies handicapantes, qu'on soigne mais qui laissent des séquelles.

Que faire ? nous vivons une large possibilité de choix de thérapeutique, l'hôpital, le tradi-praticien, le féticheur, l'homme du sacrifice, et aussi le charlatan, marabout et autres guérisseurs non valable, et encore les médicaments du marché.

Nous avons de l'argent, nous avons soif d'avoir plus et de gagner, avec la conséquence de ne plus s'occuper de nos malades non rentables, un petit enfant, un vieillard, un sidéen, un jeune homme ou une jeune femme qui ont fait des bêtises ... Une nouvelle idée de la famille aussi se met en place, se mélangeant suivant les goûts du jour avec la traditionnelle famille africaine, où l'hospitalité et le parasitage se mélangent, avec ce danger déjà là du désintérêt et l'abandon des malades.

4) Nous avons des instruments. Un centre de santé performant, un personnel compétent et dévoué ; des structures remarquables et reconnues, accessibles à tous même économiquement.

Ca doit marcher, nous pouvons prévenir les maladies et les éviter, nous pouvons soigner et parfois guérir, mais les structures sont sous-employées, les moyens sont mal utilisés, les pressions de toutes sortes sur la population nous trouvent démunies pour les repousser.

Questions :

1.Nous-mêmes avons-nous bien compris le lien de globalité dans le projet, que tout est lié et concours à un seul but, la vie ? Comment mieux comprendre cela ? Qu'est-ce qui pourrait nous donner de faire des bons choix dans le domaine de la santé pour nous et notre famille?

2.Quelles sont les idées, les paroles, les démarches qui seraient bonnes à faire pour permettre à nos frères partenaires d'avoir eux aussi la force de faire de bons choix ?

3.Nous avons réfléchi en profondeur sur le lien entre la parole de Dieu et le projet Tokombéré ? Quel sens a pour nous la Foi, dans notre propre religion ?

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Allocution d’Ouverture par Monsieur le Sous-Préfet (11.01.2002)

- Monsieur le Responsable du Projet de Promotion Humaine de l'Hôpital Privé de Tokombéré,

- Mesdames, Messieurs les professionnels de la santé de l'Hôpital Privé de Tokombéré,

- Chers participants aux Journées Sanitaires Tokombéré 2002,

- Chers invités,

- Mesdames, Messieurs,

Je me réjouis de l'opportunité qui m'est offerte d'avoir à présider ce jour, en ces lieux, l'ouverture solennelle des travaux des Journées Sanitaires de Tokombéré au titre de l'année 2002.

Avant d'évoquer le sujet qui nous rassemble, je voudrais sincèrement remercier le Responsable du Projet de Promotion Humaine de Tokombéré pour l'aimable invitation qui m'a été adressée à l'effet de prendre part aux présentes assises.

Au-delà du simple usage lié aux bonnes manières, je trouve en cette invitation à la fois une marque d'estime et l'expression d'une franche collaboration.

Mes remerciements s'adressent ensuite aux organisateurs de ces journées pour le travail abattu des semaines entières dans le cadre des préparatifs de nos travaux.

Enfin, j'adresse mes remerciements particuliers aux participants, ceux d'ici et ceux venus des villages lointains à l'effet de s'instruire pour mieux instruire.

Mesdames, Messieurs, les Journées Sanitaires de Tokombéré 2002 sont placées, comme chacun le sait sous le thème général, mais combien pertinent du «Regard sur la personne malade».

Au risque de vous surprendre, je pense pour ma part, que la personne malade dans nos communautés, est le plus souvent et pour plusieurs raisons, méconnue. Il n'est pas exagéré de dire qu'elle est méconnue d'abord d'elle-même avant de l'être par son entourage et au-delà par la société.

Dès lors, le regard que lui portent ses proches et la communauté toute entière ne peut être que sujet à caution.

En attendant, qu'à l'issu de vos travaux, un éclairage soit fait sur la personne malade et le regard qui lui est porté, je déclare ouverts les travaux des Journées Sanitaires de Tokombéré 2002.

Je vous remercie.

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Introduction du Père Christian Aurenche

Bienvenue aux uns et aux autres, aux 24èmes Journées Sanitaires.

Nous avons cette année un difficile travail à faire ensemble. Parce qu'il y a beaucoup de problèmes pour les malades, nous avons à réfléchir sur la question des soins aux malades, non pas sur la technique, mais sur les choix à faire devant ces malades, nos conduites devant nos parents malades.

Déjà, vous le savez, ensemble vous et nous, nous avons beaucoup fait pour la santé. La santé de nos enfants est bien meilleure, nous ne risquons plus la mort par la rougeole, le tétanos etc. Les jeunes mamans accouchent plus tranquillement car elles sont toutes suivies et on les conseille s'il y a un petit risque. Les populations n'ont plus peur de venir à l'hôpital et toutes acceptent bien les tarifs. La relation hôpital - vie traditionnelle est bonne. Grâce à votre regard sur le village et à votre participation aux diverses réunions, nous surveillons bien l'état de santé de vos villages. Votre collaboration à ce travail de santé est d'ailleurs totalement normale, car c'est de votre santé et celle de vos enfants qu'il s'agit. Mais de gros nuages apparaissent à l'horizon.

Nous voyons que nous regardons mal ceux qui sont malades parmi nous ; trop tard, pas d'argent alors on ne fait rien, les choix d'autres traitements plus chers qu'à l'hôpital, mais traditionnels, l'achat des médicaments aux marchés, avec le risque d'accident.

Or, nous avons de quoi éviter, et soigner sinon guérir. Cependant trop de petits enfants meurent faute d'être soignés et trop tard venus. On ne s'occupe pas bien des anciens, et même on les abandonne, comme les malades du sida, comme les jeunes femmes qu'on n'aime plus... On perd le temps chez les marabouts, on se tue avec des médicaments mauvais achetés sur le marché ; on ne vient à l'hôpital que quand on a tout essayé, le malade est presque déjà mort.

Pendant ces deux jours, il n'y a pas de solutions à trouver et à décréter ; je vous invite à réfléchir ensemble sur ces questions. Pourquoi de très nombreux enfants morts à l'hôpital pendant cette saison de pluies ? Pourquoi ces difficultés à faire les transfusions de sang ? Pourquoi n'avons-nous pas d'argent pour les traitements des vieux ? Avons-nous réfléchi en famille, en communauté, en comité de santé au choix de tel ou tel traitement, sur le coût des traditionnels, sur le danger des médicaments acheté au village, sur le temps perdu avec les poussins.

J'ai deux questions pour tous ces sujets :

- Utilisons-nous bien tout ce qui est là pour nous à Tokombéré, pour le développement, qui peut aider à être moins malade ?

- Avons-nous réfléchi au fait que l'homme change, que la société change, qu'il y a peut-être des choix pour la santé qui ne sont pas bons.

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Pour cette 1ère journée de travail, deux questions ont été proposées aux participants :

1 - qu'est-ce qu'une personne malade pour nous ? (introduite par P.Tetkoï)

2 - que faisons-nous lorsqu’un membre de notre famille est malade (introduite par Lade)

1 - La maladie est l'ennemi numéro 1 de l'Homme. La maladie a plusieurs causes, par exemple : le microbe, le souci, l'alcool, le poison, le manque de la foi dans notre vie etc..

Quand l'homme tombe malade, il souffre beaucoup, son travail s'arrête, ses forces faiblissent et il peut même en mourir.

Pour nous aujourd'hui, après vos constats au village et ceux de l'hôpital, la question se pose pour mieux savoir quelle idée nous avons d'une personne malade. Il ne s'agit pas de chercher les causes des maladies, de chercher à qui revient la faute ou encore de donner le contraire de la définition de la santé selon l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé.)

A partir de petits exemples envoyés au village pour nous aider à réfléchir, nous arrivons à comprendre et à dégager qu'est-ce qu'une personne malade.

Qu'est ce qu'un homme malade pour moi ? Est-ce celui qui gémit déjà dans le lit ? Est-ce celui qui est prêt à être enterré ? Est-ce celui qui a un ventre ouvert sur la table d'opération?

Ou alors celui qui est exposé à un état de maladie incurable grave avec toutes les complications ?

La manière dont nous concevons la personne malade varie d'un individu à l'autre, d'une région à l'autre ou encore d'une culture à une autre. Par exemple ; dans la vie de tous les jours, une plaie est sans importance alors qu'en médecine, ça peut être grave, puisqu'elle constitue la porte d'entrée aux microbes. En médecine la grossesse n'est pas une maladie alors que dans certaines cultures, elle est une maladie grave car son issu est incertaine. Vous voyez, le problème se trouve entre le début de la maladie et le stade des complications. C'est la manière dont peut évoluer une maladie qui modifie notre regard sur la personne malade.

Ayant déjà réfléchi avec nos frères au village, nous venons aujourd'hui partager nos réflexions pour nous enrichir et mieux agir face à une personne malade voire même changer de l'intérieur pour arriver à un nouveau regard de la personne malade.

2 - Depuis un certain temps, nous constatons un grand problème de regard sur la personne malade dans nos villages. Nous n’amenons nos gens à l’hôpital que quand ils sont mourants, dans un état inquiétant ou quand la maladie s’est compliquée. Chez les adultes, ils arrivent à l’hôpital au moment où ils sont très maigres, fatigués, très souffrants. Nous avons vécu des cas de mort de bébés dans le ventre de leur mère parce que nous attendons 3, 4 jours, alors que la femme est en travail. Beaucoup de personnes ont eu des amputations de membres parce qu’on est resté longtemps au village et le membre est pourri alors qu’il s’agissait d’une petite plaie au départ. Chez les enfants, la majorité arrive au moment où la maladie s’est compliquée. Le plus souvent nous avons eu le temps de scarifier l’abdomen, donc nous savons bien quand la maladie a commencé etc..

A ce retard à l’hôpital en cas de maladie, s’ajoutent d’autres situations :

- le manque de volontaires pour l’accompagnement à l’hôpital. On se présente nombreux le premier jour et après tout le monde disparaît. Pour les enfants, ce ne sont que les mères qui s’en occupent, les pères viennent très rarement.

- le manque de matériel pour la nourriture à l’hôpital- le manque de l’argent pour la participation aux soins médicaux etc..

-Tous ces constats nous poussent à poser la question : que faisons-nous quand une personne de notre communauté, de notre famille est malade ?

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Synthèse des travaux de groupes de cette première journée :

1. a A quel moment estimons-nous qu’un membre de notre famille ou de notre communauté est malade ?

Nous estimons qu’un membre de notre famille ou de notre communauté est malade  :

- s’ il présente des signes de maladies (fièvre, manque d’appétit, l’amaigrissement etc.)

- s’il présente des troubles psychologiques (mentaux)

- s’il a des difficultés (sortir, marcher, travailler)

- s’il a des soucis

- s’il abuse de l’alcool

- s’il a une blessure

1.b Qu’est-ce qu’une personne Malade ?

Une personne malade c’est :

L’irresponsable (qui ne s’occupe pas de sa famille, mariage précoce, grossesse rapprochés)

- le manque d’éducation (éducation des enfants

- Le pauvre

- Le manque de solidarité

- L’isolement

- Le manque d’entente dans la famille

- La mauvaise gestion (celui qui gère mal l’argent, les récoltes, la famille)

- Le mal organisé (famille nombreuse)

- La famine (manque de mil, mauvaise récoltes, manque de terre)

- Le paresseux

- Celui qui refuse la prévention et le suivi (PMI, CPN, vaccination)

- Manque de la foi

- Vagabondage sexuel

- Le voleur

- Le manque d’hygiène (boire de l’eau sale)

2. Que faisons-nous si un membre de notre famille ou de notre communauté est malade ? Nous allons préférentiellement chez : devin, guérisseur, etc… Pourquoi ?

Action Pourquoi on y va

Pourquoi on n’y va pas

    Tradi-praticien Hôpital
- Guérisseur

Fracture, mauvais lait, morsure serpent, jaunisse, folie, maladie mystique

- Croyance à la tradition,

moins cher,

aide,

moins rigoureux dans le paiement,

paiement au résultat,

traitement des maladies supposées non traitables à l’hôpital,

l’ignorance

Mauvaise compréhension des maladies

Inefficacité

Manque de foi en évangile

Ignorance

Mauvais conseil

Eloignement de l’hôpital

Pauvreté

Mauvais conseil

Cher (2000f en urgence

Inefficacité de l’hôpital sur certaines maladies (jaunisse, folie, la rate etc.)

Achat médicaments sur le marché Moins chers,

l’attraction par la publicité des médicaments,

achat en fonction de sa capacité financière

   
Prière à Dieu Pour l’efficacité des autres traitements    
Hôpital Efficacité,

moyen de diagnostic,

prise en charge complète, (accueil, diagnostic thérapeutique, suivi)

   
Marabout Proximité,

diagnostic, pronostic

   
Féticheur (voyant, Devin) diagnostic,

pronostique,

sacrifice,

ignorance

   

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INFORMATIONS et FLASHS

VACCINATIONS (Dr Djorwé)

Voici venu, comme chaque année le moment de nous rappeler les vaccinations de vos enfants. Avant de parler des vaccinations, je me permets de vous faire quelques illustrations :

- les militaires disent : « pour vivre en paix, il faut préparer la guerre » 

- nous de la santé « pour vivre en santé, nos enfants doivent être vaccinés »

La Vaccination : c’est quoi ?

C’est la préparation du corps à la guerre contre les maladies.

Pourquoi la vaccination ? C’est pour préparer la santé, c’est pour vivre en paix sans problème avec les maladies.

Vaccination contre quoi ? Vaccination contre les maladies épidémiques, contagieuses et très mortelles.

Chers parents, l’importance de la vaccination n’est plus aujourd’hui à démontrer. Un proverbe béninois dit « quand la rougeole passe, il faut compter ses enfants ». Aujourd’hui, grâce à la vaccination, on n’a plus besoin de compter ses enfants après le passage d’une épidémie de rougeole. Ainsi nous avons la grande campagne de :

 

* Vaccination contre la rougeole qui va du 4 au 16 janvier 2002.

Concernés : tous les enfants de 9 mois à 14 ans.

* Suivi de la journée nationale de vaccination (JNV) polio 2ème passage

? les 22,23, 24, 25 et 26 février 2002.

Concernés : tous les enfants de 0 à 5 ans.

* Campagne de vaccination scolaire du CPS du 28 janvier au 5 février 2002.

Concernés, tous les élèves des écoles ayant adhéré à la santé scolaire.

* Grande campagne de vaccination annuelle du CPS du 13 au 28 février 2002.

Concernés : tous les enfants de 0 à 5 ans.

* Il y a aussi la vaccination spéciale contre la méningite qui sera organisée au centre permanent de vaccination du CPS du 1er mars au 31 mai 2002.

Concernée, toute personne d’au moins de 2 ans.

Prix : adultes = 350 Francs par dose ; enfants = 175 francs par dose.

Merci pour votre attention.

Nutrition (Anne-Marie & Adama)

Nous avons constaté que dans une famille où le grenier est vide, les membres en sont malades. Un enfant qui ne mange qu'une fois par jour est un malade, tout comme un enfant qui casse sa courbe de poids même s'il est apparemment en bonne santé.

Parmi les outils mis en place par le Projet Tokombéré, nous avons le grenier de l'enfant qui est créé dans chaque famille pour mieux protéger les enfants en période de soudure. Dans les comités de vie qui marchent bien, le grenier de l'enfant est devenu un grand moyen, et vrai médicament pour l'enfant au village et à la PMI contre la malnutrition. il y a des comités de vie qui ont stocké jusqu'à 15 à 20 sacs de mil et autres dans leur grenier de l'enfant. Mais, il existe encore des comités de vie qui ne font aucun effort pour mettre en place et bien gérer ces greniers.

Le thème de nos deux jours de réflexion est venu à temps pour nous rappeler l'importance de ce grenier de l'enfant. Mettons-nous au travail dès notre retour au village pour créer et bien gérer ces vrais outils contre la malnutrition qui est et sont les greniers de l'enfant

Merci.

VIH/SIDA (Kidal)

Nous avons ensemble réfléchi hier sur "la personne malade". Qu'est-ce qu"une personne malade pour nous et ce que nous faisons pour elle ?

L'occasion nous est donnée aujourd'hui et particulièrement ce matin de parler d'une maladie que nous connaissons bien, qui détruit nos familles. Nous parlons de cette maladie chaque année lors des grandes rencontres comme celles-ci. La radio, la télévision et les journaux en parlent chaque jour et surtout en ce moment où la maladie prend de l'ampleur dans nos communautés. Alors à votre avis, de quelle maladie s'agit-il ?

Comme nous le savons, chers invités, faisons des efforts pour barrer la route à ce fléau mondial qui, d'ici quelques années ne laissera que des animaux sur la terre. Nous serons tous morts du VIH/SIDA. Il est inutile que nous parlions de la définition, du mode de contamination, des manifestations et du devenir de la personne qui attrape le VIH/sida puisque nous en sommes tous avertis et conscientisés. Même si nous ne savons peut être pas combien de personnes sont contaminées et combien en meure chaque jour, nous savons tous que le VIH/Sida tue.

Notre peur majeure pour le VIH/Sida, est qu'il n'y a pas de traitement. Un seul rapport extra conjugal non protégé est suffisant pour contacter le VIH/SIDA et nous exposer à une mort certaine. Le nombre de cas VIH/SIDA augmente tous les jours. Cette situation nous inquiète beaucoup. Pour l'illustrer, nous vous présentons le nombre de cas de VIHSIDA enregistrés à l'hôpital privé de Tokombéré ces deux dernières années.

2000

138 cas VIH/SIDA

2001

156 cas VIH/SIDA

Alors, chers parents, nous avons longtemps cru que le Sida est une maladie banale, certains vont jusqu'à dire que c'est une affaire de Dieu ou de chance. Aujourd'hui, nous sommes tous convaincus que le VIH/Sida est une réalité. Nous serons tous morts si nous ne changeons pas nos comportements sociaux. Par ces comportements, nous aidons le VIH/SIDA à ternir notre image d'Homme.

Ces comportements sont : le vagabondage sexuel, l'infidélité conjugale, l'alcoolisme et le non-respect de normes sociales.

Ainsi donc si nous sommes déjà atteints, cherchons à tout prix à sauver ceux qui ne le sont pas, en se respectant, en respectant l'autre, en restant fidèle à son ou ses partenaires et à ses engagements. Si nous ne pouvons pas surmonter ces étapes, alors, utilisons le préservatif .

Sur ce, nous nous invitons à continuer notre combat contre le VIH/sida. A chacun de nous, courage.

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Présentation des travaux de groupe(pour la 2ème journée) par le Dr Souleymanou sur :

Le projet Tokombéré, avec les outils (hôpital, projet agricole, promotion féminine, projet éducatif, l'alphabétisation et le PCRD) qu'il a mis en place nous aident-ils à mieux réfléchir sur la personne malade ?

Comme vous le savez, le Projet Tokombéré est né à partir du projet santé (hôpital). C'est-à-dire à partir du regard et de la réflexion sur la personne malade, du moins la personne malade dont l'état nécessite l'internement à l'hôpital. Pourtant une personne malade n'est pas forcément celle qui est dans un lit d'hôpital, ou celle qui présente certains signes tels que la fièvre, la diarrhée ou une infirmité etc.. Une personne malade peut aussi être celle qui a un problème social, économique, moral ou spirituel. Par exemple : un chef de famille qui a fait une très mauvaise récolte à la fin de la saison est une personne malade tout comme un autre chef de famille qui n'a pas un champ. Une famille qui n'a pas un grenier de l'enfant au mois d'août est malade, etc.

C'est pour résoudre tous ces problèmes de la personne malade et de la santé au sens large du terme, comme étant l'expression du bien être physique, mentale, sociale et spirituelle et non l'absence de maladies que le Projet Tokombéré a créé les outils tels le projet agricole (Maison du paysan), la promotion féminine, le projet éducatif, l'alphabétisation, l'hôpital etc..

Ces outils nous aident à élargir et à compléter notre regard sur la personne malade.

- Le projet agricole par la Maison du Paysan nous aide à mieux regarder et à réfléchir sur les malades de malnutrition (surtout les enfants) et ceux victimes de l'insécurité alimentaire, qui sont à la fois des enfants et des adultes.

- La promotion féminine quant à elle par les animations qu'elle dispense à nos mères, femmes et soeurs les aident à mieux suivre nos enfants et nos femmes enceintes à la PMI et à la CPN ; avant que les enfants ne soient gravement atteints par la MPC et pour que la grossesse et le nombre d'enfants ne constituent plus une maladie pour nos femmes et nos sœurs.

Ainsi la promotion féminine se met au service de la PMI et de la CPN pour le bien être des femmes et des enfants.

Voilà quelques exemples sur comment certains outils du Projet Tokombéré peuvent élargir notre regard sur la personne malade en dehors du projet santé. Comme vous le constatez, l'amélioration et l'élargissement de notre regard sur la personne malade et sur notre santé passent obligatoirement par l'utilisation, à des bonnes fins, de l'ensemble des structures du Projet Tokombéré mis à notre disposition.

Je suis convaincu que pendant la réflexion dans les groupes vous trouverez beaucoup d'autres exemples sur comment les outils du Projet Tokombéré nous aident-ils à mieux réfléchir sur la personne malade.

Bon travail.

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Synthèse des travaux de groupe de la 2ème journée

 

HOPITAL

Assure :

- la PMI

- Vaccination et suivi

- Consultation prénatale et accouchements normaux par les matrones formées

- Nutrition

- prise en charge des malades

- lutte contre les épidémies (choléra)

- réduction du coût de soins pour les enfants du secteur par le paiement par épisode de maladie.

Problème :

- Mauvais accueil pour les responsables villageois de la santé

- Mauvais calendrier de la formation des Responsables villageois de la santé

PROMOTION FEMININE

- apprentissage de petits métiers (arts, broderies)

- formation aux soins de santé primaire au village

- sensibilisation sur le grenier de l'enfant

- sensibilisation sur la stabilisation de couples

- assure un revenu à la famille pour couvrir les autres besoins (santé, école, habillement)

- esprit d'initiative et d'association sur une disponibilité sans faille, sur votre générosité contagieuse, une générosité qui appelle elle-même le don ; ce succès repose encore sur un certain nombre d'idées fortes

- apprentissage de l'usage des plantes médicinales pour les 1er soins dans la famille avant d'arriver à l'hôpital.

Problème

- elle est peu active dans certains secteurs (2, 3)

- manque de sensibilisation

 

ALPHABETISATION

Nous permet de

- lire, d'écrire, de peser les enfants

- s'exprimer en français

- éduquer à l'hygiène

- amélioration du comportement social

- entente familiale

Problème

- Manque d'intérêts dans certains villages

- Besoin d'un groupe d'alphabétisation à Makalingai

PROJET AGRICOLE/ MAISON DU PAYSAN

- Amélioration des semences

- Lutte contre la désertification et les insectes nuisibles

- Traitement et conservation des produits agropastoraux

- Banques de céréales aux villages

- Apports des nouvelles techniques culturales

- Lutte contre la famine

- Formation sur les méthodes culturales

- Gestion de récoltes (grenier Nord-Sud)

- Elevage

- Restauration de la fierté des paysans par la sécurité alimentaire mise en place par les banques de céréales

Problème :

- Fuite des cerveaux (l'immigration des personnes formées)

- Manque d'encadrement au niveau de l'élevage (secteur 4)

 

PROJET CREDIT RURAL DECENTRALISE

- Accord des crédits pour couvrir les autres besoins (écolage, hospitalisation, commerce)

- Sécurité d'argent au village

Problème :

- Accord tardif des crédits par rapport aux besoins

- mauvais critères d'attribution des crédits

- mauvaise condition de remboursement des dettes octroyées

- Mauvaise gestion des crédits octroyés

- Insécurité des individus lors de retrait d'argent

 

PROJET EDUCATIF

- Collège Baba Simon <=> passerelle santé

- Formation permet la bonne compréhension de la santé

- Education à la santé

- Formation pour l'autonomie des PMI, CPN et les suivis

- Lutte contre la délinquance juvénile

Problème

- Absence de cycle complet a l'école de Bzoukoudou

- Adhésion à la santé scolaire

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En conclusion

Le Dr Ch. Aurenche remercie chaque participant pour le sérieux du travail de ces deux journées Il souligne que la question de la santé concerne chaque personne, rappelle que nous ne sommes pas contre le fait de consulter des marabouts, guérisseurs, mais qu’il est indispensable d’arriver à temps à l’höpital. Enfin, chacun est invité à continuer cette réflexion dans son village.

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Allocution de clôture par Monsieur le Sous-Préfet

- Monsieur le Médecin-Chef de l'Hôpital Privé de Tokombéré,

- Mesdames, Messieurs les professionnels de la santé

- Chers participants aux Journées Sanitaires de Tokombéré 2002

- Chers invités,

- Mesdames, Messieurs,

Le 11 janvier dernier, débutaient en ces lieux mêmes, les travaux des Journées Sanitaires Tokombéré 2002.

En cette circonstance, j'avais adressé mes sincères remerciements au Responsable du projet de promotion humaine, aux organisateurs des Journées Sanitaires et aux participants à ces assises, dont l'importance n'échappe à personne.

Au moment où tous ensemble, nous nous apprêtons à mettre un terme à nos travaux, il me plait d'exprimer une fois encore aux uns et aux autres, ma profonde gratitude et celle du gouvernement pour la conduite heureuse des travaux d'une part et pour les résultats obtenus d'autre part.

A l'ensemble des participants à ces assises, j'exprime ma reconnaissance pour leur bonne tenue et pour l'assiduité dont ils ont fait montre tout au long des travaux en dépit d'un climat véritablement frais ces jours-ci.

Mesdames, Messieurs, Deux jours durant, vous avez planché sur le thème général du regard sur la personne malade. Par rapport à ce thème, j'avais annoncé à l'ouverture de nos travaux que bon nombre de malades au sein de nos communautés étaient méconnu en dépit de l'existence d'outils et d'instruments divers et variés ayant fait leur preuve tant en matière de santé qu'à celle concernant l'amélioration des conditions de vie, facteurs essentiels d'une bonne santé.

En vérité, je pense en ce qui me concerne que le regard tantôt indifférent, tantôt dédaigneux porté jusqu'ici sur la personne malade dans nos villages, pourrait être différent.

* Si chaque membre de notre communauté se regardait véritablement et profondément en particulier du point de vue de sa santé et de celui de son existence tout court ;

* Si chaque membre se regardait suffisamment tôt ;

* Si les familles et au-delà la communauté tout entière rompant un tant soit peu avec l'égoïsme, regardaient chacune de ses composantes bien et tôt ;

* Si le regard porté par les uns et les autres sur les malades, les faibles et les moins nantis était moins ravageurs et donc plus aimables et plus humains ;

* Si les personnes souffrantes parce que victimes des maladies prenaient à temps les chemins des hôpitaux et non les voies sinueuses conduisant chez les charlatans et/ou vers l'auto médication ;

* Si les provisions alimentaires et les revenus tirés de l'agriculture, de l'élevage et toute autre activité n'étaient pas dilapidés dans les cabarets de bil-bil et autres manifestations somptueuses sans rapport avec le bien-être de la famille ;

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Ces journées se sont clôturées par la remise des insignes de

Chevalier de la Légion d’Honneur

au Père Christian Aurenche par Monsieur l’Ambassadeur de France

Puis, chacun s’est retrouvé au Kirdi pour le traditionnel pot de l’amitié

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